New York

En arrivant à New York, c’est le choc thermique, il fait 11 degrés ! Louise veut qu’on lui achète des gants et nous avons du mal à la motiver pour sortir. La transition avec le Costa Rica est rude, nous sommes perdus au milieu des immeubles et la nature nous manque (les 35 degrés qui vont avec aussi !).

Nous mettons quelques jours à nous habituer à la ville et au fonctionnement du métro mais nous finissons par apprécier malgré le temps maussade qui persiste. Pour notre première sortie, nous traversons le pont de Brooklyn, la vue sur Manhattan est imprenable. Il y a beaucoup de touristes sur le pont mais aussi beaucoup de New-Yorkais à vélo ou faisant leur footing matinal.

Pour sillonner la ville et visiter les différents quartiers, nous marchons beaucoup. Nous nous baladons notamment à Chinatown, Little Italy et allons au Chelsea Market. Nous découvrons également Brooklyn puisque c’est ici que nous logeons.

Les dinosaures du musée d’histoire naturelle plaisent beaucoup à Louise et nous profitons de son emplacement pour aller à central park, véritable poumon de la ville, le jardin des New Yorkais.

A Times Square, nous en prenons plein les yeux. Des écrans géants les uns au-dessus des autres, avec des publicités qui tournent en boucle, sur les façades des immeubles. Le temple de la consommation.

Le dimanche matin, nous allons à la messe au Brooklyn Tabernacle. Nous assistons à un véritable show à l’américaine ! L’église a des allures de salle de spectacle avec ses gradins et ses 150 choristes présents ce jour-là. La messe est retransmise en direct sur des écrans géants, nous pouvons même participer aux chants gospel en lisant les sous-titres comme au karaoké ! La messe n’en est pas moins authentique, plus de mille fidèles sont présents et ils chantent les bras en l’air, les yeux fermés, presque en trance.

Dans les années 30, la High Line était une voie ferrée aérienne et petit à petit elle a été transformée en parc suspendu. Elle mesure un peu plus de 2km et est une des promenades favorites des New-Yorkais et des touristes. S’y balader est vraiment agréable.

Le mémorial du 11 septembre comble le vide laissé par les deux tours disparues après les attentats du World Trade Center. Il s’agit de deux bassins d’eau immenses dotés de stèles avec les noms des disparus. Les lieux sont chargés d’émotion.

Nous ne pouvons quitter New York sans grimper en haut de l’Empire State Building ! La montée au 86éme étage en ascenseur est impressionnante et la vue sur Manhattan époustouflante.

En haut de l’immeuble, un couple de touristes français nous fait bien rire. L’un dit à l’autre : « Et dire que tout ça, ça n’est que Manhattan ! New York ça doit être là-bas…. » en pointant du doigt l’horizon. Nous espérons qu’ils ont trouvé New York avant de repartir !

Pour nous aussi, il est temps de rentrer… nous prenons notre dernier vol pour Bruxelles.

Ce voyage a été pour nous une aventure extraordinaire, au-delà de nos espérances. Nous revenons avec des images plein la tête et des souvenirs que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

Nous avons imposé ce voyage à Louise et pourtant, elle nous aura suivis partout avec entrain, joie et curiosité, ce fut un bonheur de partager tous ces moments de découverte en famille. Nous en revenons encore plus soudés.

De nombreux endroits nous ont marqués, d’autres nous attirent et une chose est sure, nous repartirons. Quel plaisir d’avoir pu gouter à la liberté !

Merci à tous ceux qui nous ont suivi et écrit durant notre périple, ça fait du bien quand on est seuls au bout du monde.

La côte caraïbe du Costa Rica

Pour couper le long trajet jusqu’à la côte caraïbe nous faisons un arrêt dans la vallée d’Orosi, au cœur des plantations de café. Pour y accéder, nous franchissons la cordillère de Talamanca avec l’ascension du Cerro de la Muerte (la montagne de la mort). Au fur et à mesure que nous grimpons, les nuages arrivent et c’est dans le brouillard total que nous atteignons le sommet. Les températures sont beaucoup plus fraiches ici, nous sortons nos pulls.

Nous visitons le village d’Orosi avec sa belle église, la plus ancienne du Costa Rica. Nous profitons également des sources thermales avant de reprendre la route.

Après deux grosses journées de trajet, nous arrivons enfin à Puerto Viejo au sud de la côte caraïbe. Nous avons prévu de passer une semaine dans la région pour terminer notre séjour au Costa Rica. Puerto Viejo est un village en bord de mer, avec ses palmiers et ses barques de pêcheurs. L’ambiance est différente du reste du pays, la population est plus zen, plus cool, les journées sont rythmées par le surf, la plage, la pêche dans une ambiance 100% rasta/reggae. Nous avons l’impression que tout se passe calmement ici, sans stress, dépaysement garanti ! Le drapeau de la Jamaïque flotte aux fenêtres des maisons colorées et les vendeurs de rue vendent des t-shirts de Bob Marley. La plupart des habitants se déplacent à vélo en roulant tout douuuuuucement. Nous aimons beaucoup !

Un peu de culture : C’est sur la côte sud que réside l’âme de la communauté afro-caribéenne du Costa Rica. Ici s’établirent les Jamaïcains venus au milieu du 19ème siècle pour la construction de la ligne ferroviaire et employés plus tard par United Fruit. Lorsque le déclin de l’industrie bananière s’amorça dans les années 20, la communauté noire fut l’objet d’une ségrégation d’état. Pendant plusieurs décennies, ses membres menèrent une existence isolée, vivant d’une agriculture de subsistance. Malgré la disparition des barrières raciales en 1949, cette culture locale a préservé ses traditions.

Les plages que nous testons entre le village de Cahuita et Manzanillo sont paradisiaques, bordées de jungle et nous nous baignons en observant les toucans voler d’arbre en arbre….le rêve. C’est ici que nous voyons nos premiers toucans à carène (ceux au bec vert), aux couleurs incroyables.

Nous randonnons au parc national de Cahuita. Il est composé de forêt tropicale humide abritant une faune extrêmement riche ainsi que d’une zone marécageuse qui s’avance dans la mer, entre deux plages de sable fin. Nous y verrons des singes hurleurs à fourrure, des ratons laveurs, toutes sortes d’insectes, des papillons, des oiseaux, un superbe serpent jaune et les fameux crabes bleus de Cahuita.

Le jaguar centro de rescate est un refuge animalier qui s’occupe principalement des rapaces, des paresseux et des singes. Le centre soigne les animaux blessés ou orphelins afin de les réintroduire dans la nature. Nous y faisons une visite de 3h qui nous permet de voir de nombreux animaux notamment des jaguars et des paresseux à 2 doigts que nous n’avons pas eu l’occasion de voir dans la forêt.

Nous quittons la cote caraïbe (à regret !) pour rejoindre San José d’où nous prenons l’avion pour New York, notre dernière étape.

Bahia Drake, un petit coin de paradis

Impossible de rejoindre Bahia Drake avec notre voiture alors nous la laissons à Sierpe et traversons la mangrove en bateau pour nous y rendre. Le trajet est splendide, des milliers de palétuviers nous entourent, la nature semble vierge et intacte. Nous débarquons, les pieds dans l’eau avec nos sacs à dos, sur la plage de Bahia Drake, sauvage et aux couleurs incroyables au coucher de soleil, un régal.

Un peu de culture : Avec son paysage tropical et sa vie sauvage abondante, Bahia Drake, qui est l’une des destinations les plus isolées du pays, ressemble à un paradis perdu. Dans la canopée s’agitent des singes hurleurs, des aras s’envolent dans une cacophonie de cris rauques tandis que des dauphins migrateurs s’ébattent dans les eaux turquoises. La richesse de la faune est largement due à l’isolement de la baie, uniquement reliée au reste du pays par des routes en mauvais état.

Nous logeons dans une auberge où les chambres sont étalées sur une colline, dans un paysage luxuriant, avec les bruits quasi permanents de la jungle. Le lieu est convivial, nous dinons avec les autres voyageurs et nous passons de très bonnes soirées notamment avec des allemands et des français avec qui nous sympathisons.

Pour observer la faune et la canopée, nous choisissons de randonner le long du chemin côtier, 12km de marche de Bahia Drake au parc national Corcovado. La végétation est dense, les racines des arbres sont disproportionnées, les feuilles sont géantes et les plages que nous traversons sont toutes plus belles et sauvages les unes que les autres.

Sur la première plage, une dizaine de singes capucins vaquent à leur occupation, ils mangent des noix de coco et courent partout.

Plus loin, nous repérons un singe hurleur, beaucoup plus gros que celui que nous avions vu en début de séjour.

C’est ensuite un couple de aras rouges qui nous surprend, quel bonheur de voir tous ces animaux en liberté ! Durant notre séjour, nous verrons beaucoup de aras près de la plage de Bahia Drake et depuis la terrasse de l’auberge, des rouges mais aussi des verts. Nous n’avons pas réussi à les prendre en photo mais ces oiseaux sont tellement beaux… voici à quoi ils ressemblent avec deux photos qui ne sont pas de nous :

Nous nous enfonçons de plus en plus dans la jungle et nous tombons nez à nez avec des singes capucins…beaucoup de singes. Une quarantaine ! Ils occupent tout le chemin alors nous nous arrêtons et attendons le moment opportun pour passer.

Soudain, le chef de la bande (il a une tête de méchant avec des cicatrices, il n’a peur de rien celui-là) se rapproche de nous et se met à nous courser, un autre le suit puis deux, trois, quatre…nous avons toute la famille de singes aux trousses ! Nous courons, nous courons !! Jusqu’à ce qu’ils fassent demi-tour. Nous patientons en retrait espérant qu’ils s’éloignent. Et au-dessus de nos têtes, magique, des singes araignées se balancent et sautent d’arbre en arbre, c’était la dernière espèce de singes du Costa Rica que nous n’avions pas encore rencontrée dans la forêt, nous sommes comblés. Le singe araignée est très agile, sa queue est un véritable cinquième membre, elle est plus longue que la tête et le corps réunis. C’est le plus grand singe du continent Américain.

Nous tentons de reprendre notre chemin mais les singes capucins sont toujours là, nous ne sommes pas rassurés…alors c’est munis de bâtons et en tapant de tous les côtés que nous réussissons enfin à avancer. Nous avons pris du retard et nous craignons de rater le bateau pour notre retour à Bahia Drake. Si nous le ratons, il n’y aura pas d’autre possibilité que de re-marcher les 12km dans l’autre sens. Nous terminons alors la randonnée à un rythme soutenu, presque en courant et nous sautons dans le bateau de justesse.

Le lendemain, c’est à cheval que nous nous baladons dans la forêt. C’est Pepe qui nous sert de guide et nous passons une excellente journée en sa compagnie. Fanny et Louise ont le cheval le plus docile et Damien le plus lent ! Il passera son temps 20m derrière le groupe à essayer désespérément de nous rattraper.

Nous terminons notre balade à pied et en une heure de marche nous atteignons une cascade où nous sommes ravis de nous rafraichir. En chemin, nous découvrons un papillon de toute beauté dont nous ignorions l’existence, le morpho. Nous en voyons une petite dizaine, ils sont immenses et d’une couleur hallucinante, une merveille de la nature…

Un peu de culture : Le morpho bleu est un papillon de très grande taille, parmi les plus grands papillons existants (13 à 15cm), caractérisé par la couleur bleu métallique iridescente du dessus de ses ailes. Le dessous des ailes sont d’un marron plus discret et dotées d’ocelles qui imitent les yeux de certains oiseaux afin de dissuader les prédateurs. Ils sont présents dans les zones tropicales d’Amérique centrale et du Sud.

Le midi, nous déjeunons chez Pepe et sa femme, ils ont une maison en bois au milieu de la forêt, nous y sommes accueillis par un groupe de singes capucins. Ils sont vraiment partout ceux-là ! Pepe nous fait visiter sa propriété et son potager dont il est très fier. Le repas est délicieux et malgré notre espagnol assez basique, nous réussissons à échanger, nous passons un très bon moment.

Notre séjour dans la péninsule d’Osa touche à sa fin, nous reprenons le bateau pour Sierpe où la voiture nous attend et reprenons la route.

Les animaux de Manuel Antonio et le parc Marino Ballena

A Quepos, nous logeons chez Thierry, français installé au Costa Rica depuis une trentaine d’années. Sa maison est en pleine forêt; depuis la terrasse, nous apercevons des paresseux, des agoutis, des cerfs à queue blanche et des toucans.

Un peu de culture: Ces dernières années, le cerf à queue blanche est devenu un véritable symbole du patrimoine naturel costaricien. On le trouve d’ailleurs sur les billets de 1000 colones.

Le parc manuel Antonio est le plus petit parc national du pays avec ses 20km2 et pourtant il demeure une destination phare du Costa Rica. Nous y allons très tôt pour échapper à la foule et nous découvrons un parc magnifique où les sentiers serpentent à travers la forêt et les plages, la faune est abondante, nous y voyons beaucoup d’animaux.

A quelques mètres de l’entrée, nous observons un paresseux à 3 doigts grimper lentement aux arbres, nous en verrons 5 autres dans la matinée.

Les singes-capucins sont nombreux, ce sont ceux que l’on voit le plus facilement et partout au Costa Rica. Ils n’ont pas peur des visiteurs et rodent autour d’eux espérant obtenir un peu de nourriture. Parfois même, ils ouvrent les sacs pour se servir eux même.

Nous avons la chance de croiser toute une famille de singes-écureuils sur un des sentiers. Ces adorables singes vivent en groupe de 25 à 70 individus. Ils s’enfoncent dans la forêt dès le lever du soleil alors il est assez rare de les voir. Une mère et son petit restent un long moment juste à côté de nous, nous sommes attendris.

Le parc se termine par une péninsule rocheuse recouverte de forêt épaisse dont nous faisons le tour péniblement sous la chaleur. De chaque côté, se trouve une plage idyllique où nous ne manquons pas de nous rafraichir. L’eau est turquoise, entourée de verdure, de singes et d’oiseaux, nous adorons.

Sur la plage, juste derrière nous, Louise trouve un animal que nous n’avons encore jamais vu, le coati.

Nous reprenons la route vers le sud et nous traversons des plantations de palmiers sur des dizaines de kilomètres. La région est la plus importante du pays avec sa production d’huile de palme.

Ojochal est une bourgade paisible où vit un grand nombre d’expatriés. Elle se résume à une piste de terre caillouteuse bordée par quelques belles demeures, une supérette et une école. Nous logeons chez Pierre et Joselyne, vivant 6 mois de l’année au Costa Rica. Pour la première fois, nous regrettons de ne pas avoir louer de 4*4. L’accès à leur propriété se fait par une piste de 3km avec des trous et des cailloux énormes partout, nous craignons la crevaison à chaque sortie. Faire un aller-retour jusqu’à la superette nous prend 45 minutes ! Leur jardin est magnifique avec des arbres fruitiers, des massifs de fleurs odorants, des arbres immenses et surtout tous ces oiseaux de toutes les couleurs qui volent d’arbre en arbre toute la journée au-dessus de nos têtes.

Nous y voyons de nombreuses espèces de colibris. Prendre un colibri en photo relève du défi, nous passerons 3 jours à essayer à tout de rôle et ce sera Damien qui réalisera la moins pire avec celle-ci :

C’est ici que nous fêtons l’anniversaire de Fanny.

Le parc Marino Ballena est un splendide parc marin. Il doit son nom aux baleines à bosses qui s’y reproduisent mais aussi à la présence d’un banc de sable qui, à marée basse, ressemble à la queue du cétacé. Nous ne sommes pas à la saison des migrations des baleines alors nous laissons tomber le tour en bateau. Nous allons à la plage de Punta Uvita, déserte et splendide. A cet endroit, la rivière se jette dans la mer et les panneaux indiquant la présence de crocodiles nous encouragent à aller nous baigner plus loin sur la plage. Nous devons aussi faire attention aux nombreuses noix de coco qui tombent du haut des cocotiers alors que nous sommes installés sous les arbres. Le sable est si chaud qu’on pourrait y faire cuire des merguez (c’est Damien qui a voulu écrire ça… excusez-le).

Nous reprenons la route jusqu’à Sierpe d’où partent les bateaux pour Bahia Drake.

Volcan Arenal et péninsule de Nicoya

Voyager au Costa Rica en bus est possible mais prend beaucoup de temps et cela nous obligerait à loger dans les villes. Notre but ici étant d’être au maximum dans la nature, nous optons pour la location de voiture. Nous hésitons beaucoup sur le modèle à choisir avant d’arriver car nous lisons partout que les routes sont mauvaises et que la location d’un 4*4 est indispensable. Nous faisons faire des devis, les prix ne nous conviennent pas du tout alors nous décidons de réserver la voiture la moins chère et la plus petite qui existe au Costa Rica, un seul sac rentre dans le coffre, c’est pour dire ! Et pour les routes, nous croisons les doigts…

Nous arrivons de nuit à San José et après avoir dormi dans un hôtel miteux avec cafards, nous voilà partis sur les routes. Notre première étape est La Fortuna connue notamment pour son volcan et ses sources d’eaux chaudes. Dès que nous quittons la capitale, nous nous retrouvons en pleine nature, la route est bonne mais sinueuse.

Les hôtels sont chers au Costa Rica alors nous logeons en « cabina », c’est une sorte de case construite au fond du terrain des propriétaires avec qui nous partageons leur jardin. Généralement, il y a un coin kitchenette nous permettant de faire la popote.

Au parc national du volcan Arenal, nous randonnons pendant 3h dans la forêt tropicale humide, à la base du volcan. La végétation est dense, les arbres sont magnifiques et nous passons beaucoup de temps à observer les petites bestioles qui traversent notre chemin : des papillons, des lézards, des colonies de fourmis qui transportent des feuilles, des écureuils multicolores, des oiseaux colorés….et un énorme lapin. Du point d’observation, la vue sur la volcan est splendide et cela amuse Louise de marcher sur les anciennes coulées de lave (le volcan est éteint depuis 2010).

Sous la Fortuna, la lave continue de chauffer l’eau d’innombrables sources. Nous nous faisons plaisir et achetons un pass nous permettant l’accès aux bassins d’eaux chaudes d’un hôtel de luxe pendant 2 jours. Se baigner dans les eaux thermales en pleine forêt à la tombée de la nuit sous un ciel étoilé est divin…

Nous allons également aux sources gratuites, dans la forêt. Le lieu est moins confortable mais l’eau est tout aussi chaude, les oiseaux piaillent et nous apercevons un singe hurleur au-dessus de notre tête.

Nous explorons la canopée en nous rendant aux ponts suspendus d’Arenal. Le circuit de 2h passe par d’énormes ponts qui nous donnent quelques sensations (45m de haut quand même !), nous y voyons de jolis oiseaux colorés et une couleuvre.

Nous voulions aller au Rio Celeste et à Monteverde mais les costaricains nous le déconseille avec notre voiture. Alors nous roulons jusqu’à la côte pacifique d’où nous prenons le ferry pour rejoindre Montezuma, petit village au sud de la péninsule de Nicoya. L’ambiance est détendue, les plages sont comme nous les aimons, sauvages, immenses, bordées de palmiers et de jungle, avec des oiseaux de toutes les couleurs. Les vagues sont puissantes, il arrive que nous ne puissions pas nous baigner. A Montezuma, nous avons très très chaud, nous n’avons jamais eu aussi chaud depuis notre départ.

En une heure de marche dans la forêt, nous accédons à la cascade de Montezuma, nous nous y baignons avec plaisir, des petits poissons nous chatouillent les pieds. Les costa-ricains y viennent en famille avec des glacières et plein de sacs pour pique-niquer.

Nous reprenons la route pour le sud de la côte pacifique et en chemin, nous nous arrêtons au pont des crocodiles de Tarcoles où une trentaine de sauriens alanguis ont élu domicile. Ce sont les plus gros crocodiles du Costa Rica, ils sont chassés pour leur cuir.

En fin de journée, nous arrivons à Quepos, porte d’entrée du parc manuel Antonio.

Retour au Mexique : Tulum

Tulum est réputé pour ses ruines et ses plages paradisiaques. Les «cabanas » à louer sur la plage sont tentantes mais hors de prix alors nous logeons dans le centre-ville. Le centre est une succession de rues poussiéreuses sans intérêt mais nous y trouvons quelques endroits sympas pour manger et notre auberge est agréable. Nous y rencontrons un couple de français avec qui nous passons une bonne soirée. Nous louons des vélos et nous roulons beaucoup. Rien que pour aller à la plage, cela nous prend plus d’une heure aller-retour. Nous n’avons pas trouvé de vélo avec siège enfant alors Damien roule avec Louise dans le porte bébé sur le dos, ses fesses s’en souviennent !

Nous visitons les ruines de Tulum, ancienne cité maya en bord de mer. Malgré notre arrivée matinale, il y a du monde et la chaleur écrasante nous pousse a en faire le tour rapidement.

Nous profitons des plages aux alentours du site pour nous rafraichir. L’eau est bleue turquoise, le sable est blanc et doux comme de la farine, nous nous régalons.

Nous allons au Gran Cenote et nager dans des grottes au milieu des petites tortues avec des chauves-souris au-dessus de la tête est une expérience qui nous plait bien à tous les 3, nous y passons un long moment. Louise maitrise le masque et tuba, on ne peut plus l’arrêter !

Nous allons à Akumal car des tortues marines y viennent brouter l’herbe au fond de l’eau à quelques mètres du bord. A notre arrivée, on nous annonce que la mer est agitée, que la visibilité est mauvaise et que sans guide et sans gilet de sauvetage, nous aurons du mal à trouver les tortues. Nous tentons tout de même d’y aller seuls et nous voyons des dizaines de tortues, énormes, à moins de 30m du bord, incroyable ! Elles arrivent sans prévenir, de tous les côtés, c’est même un peu angoissant !

Le Mexique, c’est fini, nous nous envolons pour le Costa Rica !

La semaine sainte à Antigua

Nous avons choisi nos dates de séjour à Antigua au hasard et c’est lors de notre recherche de logement que nous avons compris qu’elles tombaient pendant la semaine sainte. Les hôtels pratiquent, durant cette période, des tarifs exorbitants et nous sommes contraints, après 15 jours de recherche intensive, de réserver un hôtel qui affiche un prix 3 fois plus élevé qu’en temps normal, les autres étant tous complets.

En effet, les célébrations de Pâques et de la semaine sainte sont l’un des événements les plus importants de l’année au Guatemala. D’innombrables processions solennelles et colorées sont organisées partout dans le pays, mais c’est surtout à Antigua qu’elles sont les plus remarquables.

Les habitants réalisent des tapis, nommés alfombras, le long des artères de la ville, sur les parcours prédéfinis des processions. Les rues étant pavées, ils doivent en premier temps recouvrir la chaussée de sciure de bois pour créer une surface plane sur laquelle est ensuite déposé du sable coloré à l’aide de pochoirs. Le tout est arrosé pour fixer les couleurs. Les dessins et formes représentent soit le chemin de croix, la résurrection, ou sa propre façon d’exprimer sa ferveur.

On trouve également des tapis faits de corozo, une herbe fortement parfumée, décorés de fleurs ou de légumes divers, considérés comme des offrandes. Les habitants passent, le plus souvent, une grande partie de la nuit à composer ces décors éphémères, en famille ou avec les voisins. Une dame invite Louise à participer à la réalisation de son tapis.

Il est frappant de constater l’importance de la participation de la population à cette manifestation religieuse. Femmes et enfants, même en bas âge, revêtent les habits de pénitents : mantille noire pour les femmes, blanche pour les fillettes, longue soutane violette ou noire pour les hommes et les garçons.

A l’approche de la procession, la rue devient silencieuse et l’odeur d’encens se fait de plus en plus forte (elle est diffusée par des pénitents balançant leur copal, une sorte de boule trouée en métal suspendue à une chainette). Une foule dense se presse pour accueillir les porteurs, appelés cucuruchos, dont la tâche est de porter de lourdes plate-formes difficilement supportables, sur lesquelles sont posés le christ ou la vierge. Le cortége foule du pied les tapis qui recouvrent la chaussée et est suivi d’une fanfare de tambours et de clairons. Les cortèges nocturnes offrent un spectacle extraordinaire de son et lumières, donnant ainsi un sens encore plus mystique et émouvant d’un rituel sacré qui a su résister jusqu’ici. Les processions durent en moyenne 6h et se succèdent, se croisent, à raison de 3 à 4 par jour durant toute la semaine sainte. On ne peut assister sans émotion au passage de ces hommes et de ces femmes qui avancent et se balancent au rythme des musiques sombres et solennelles des fanfares, tout en supportant le poids écrasant des catafalques. Nous vivons à Antigua des moments magiques.

Entre deux processions, nous visitons la ville avec ses places magnifiques, ses belles églises et son marché animé sur la place centrale. La vue sur l’arche Santa Catalina avec le volcan Pacaya en toile de fond est splendide.

Nous avons adoré notre séjour ici et nous sommes ravis d’avoir pu passer un peu de temps dans la ville et surtout d’avoir pu assisté à un tel événement. Il est temps de rentrer au Mexique où nous allons passer quelques jours à Tulum avant de nous envoler pour le Costa Rica.

Au bord du lac Atitlan

Le lac Atitlan est le lac le plus profond d’Amérique centrale avec une profondeur de 340m. Il est entouré de trois grands volcans et offre un panorama exceptionnel. Les villages qui l’entourent ont chacun leurs spécificités et ne sont accessibles que par le lac, en prenant une lancha.

Nous arrivons à Panajachel, le village le plus important du lac et centre névralgique pour arriver et repartir en bus. Panajachel est donc extrêmement touristique. Les deux rues principales sont bordées d’étals de souvenirs, de restaurants, de bars et d’hôtels. En revanche, les rives du lac sont agréables et la vue y est magnifique, une des plus belles, car on peut admirer les trois volcans en même temps.

Nous prenons une lancha pour rejoindre San Pedro La Laguna, le village où nous avons décidé de loger pour notre séjour au bord du lac. Nous logeons dans les hauteurs, à l’écart de la rue touristique et nous adorons. Ici, on se déplace à pied, en tuc tuc ou à cheval, les rues étant très étroites et sinueuses. Le village est vraiment agréable, nous nous y sentons bien et nous passons beaucoup de temps à nous balader. Les femmes et les enfants sont assis sur le pas des portes et discutent, le fait d’être avec Louise nous permet d’échanger un peu avec eux.

Partout, on trouve des messages religieux sur les murs.

Notre hôtel nous prête gracieusement des canoés alors nous en faisons tous les matins au réveil quand le lac est encore calme, bien plat. Nous croisons les pêcheurs qui viennent relever leurs filets et les femmes du village qui viennent se laver et faire la lessive sur les rochers.

Nous allons à San Marcos, un autre village à flanc de montagne, juste en face, à 10 min de lancha. La rue principale est jolie avec ses peintures murales, sa verdure et ses fleurs.

Le village se prépare à fêter la semaine sainte, les hommes installent des guirlandes de fruits aux abords de l’église principale.

San Pedro est le village « zen » du lac et attire de nombreux centres de yoga, méditation et retraites mystiques. Nous y croisons beaucoup de jeunes étrangers, pieds nus, à dreadlocks, vendant des bracelets. Il y a même un planning à l’entrée du village avec toutes les activités énergétiques et spirituelles prévues dans la semaine. C’est un peu « too much » selon nous.

Quand on s’élève dans le village, fini les touristes et les activités en tout genre, les rues sont désertes, avec quelques habitants assis sur le trottoir au milieu des poules. Nous nous demandons quel regard ils peuvent avoir sur les jeunes « baba cool » qui envahissent leurs rues en bas du village.

Nous quittons le lac Atitlan et prenons un shuttle pour rejoindre Antigua. Comme les rues sont étroites, il a du mal à arriver, nous partons avec une heure et demie de retard. La route pour quitter le lac est défoncée, avec poussière, nids de poules et cailloux, en pente raide. Nous sommes ballotés dans tous les sens pendant près de 2h. Une fois la « grande » route récupérée, ça roule mieux, c’est le bonheur et nous arrivons à destination 4h plus tard.

San Cristobal de Las Casas

Les routes sont barrées pour rejoindre San Cristobal de Las Casas alors le bus doit passer par le Tabasco, le trajet dure 8h au lieu de 5. La ville est nichée au creux d’une vallée, à 1900m d’altitude, nous avons l’impression d’être dans un village montagnard, aux couleurs magnifiques, aux trottoirs déformés et aux rues pavées qui lui donnent un charme fou. Nous aimons beaucoup.

La ville est également le rdv des sympathisants du mouvement zapatiste, on y trouve de nombreuses boutiques vendant des affiches, des autocollants ou t-shirts pour les soutenir.

Un peu de culture : L’armée zapatiste de libération nationale est un groupe révolutionnaire basé au Chiapas, l’un des états dont les habitants sont parmi les plus pauvres du Mexique. Elle affirme représenter les droits des populations indigènes dont les diverses ethnies représentent 40 % de la population du Chiapas, et est aussi un symbole de lutte antimondialiste. Le nom du groupe vient du révolutionnaire mexicain Emiliano Zapata. Ils se considèrent comme ses héritiers et les héritiers de 500 ans de résistance indigène à l’impérialisme.

La place principale et la cathédrale sont splendides, ce sont des endroits très animés. Les jeunes s’y regroupent l’après-midi, les familles discutent sur des bancs au milieu des vendeurs de gadgets, de glaces, de textiles, de cigarettes…et des cireurs de chaussures.

Il y a toujours un évènement dans la rue, quelle que soit l’heure à laquelle nous sortons : concerts, spectacles, percussions, clown…et même défilés d’enfants déguisés dans la rue ou sur des chars. On entend de la musique partout jusque tard dans la nuit, ils ont le sens de la fête ici !

Nous marchons beaucoup et visitons la ville de long en large et en travers. Damien emmène même Louise au musée des insectes.

Tous les jours, il y a des marchés pittoresques au pied des églises, nous y refaisons quelques achats et forcement cela ne rentre plus dans nos sacs alors nous nous envoyons un colis en France. On nous demande d’écrire l’adresse sur une simple feuille volante et de la scotcher sur le carton et voilà… Nous espérons qu’il arrivera à bon port.

Nous préparons notre départ pour le Guatemala et y aller par nos propres moyens s’annonce compliqué, des dizaines de bus locaux à prendre jusqu‘au lac Atitlan et pas sûr que ce soit possible en une journée. Alors, nous passons par une agence qui est censée pour amener jusqu’à la frontière en shuttle (c’est une fourgonnette aménagée pour 14 personnes, très inconfortable, rien à voir avec les bus mexicains !) puis un autre shuttle vient nous chercher après le passage de frontière pour finir le trajet jusqu’au lac.

A 6h30 du matin, c’est parti !

Nous nous sommes bien renseignés, la sortie du Mexique est gratuite puisque nous sommes arrivés par avion. Seuls ceux qui arrivent par voie terrestre doivent payer. Le douanier essaie tout de même de nous soutirer quelques pesos faisant mime de ne pas comprendre, nous insistons, il finit par nous laisser partir. Nos compagnons voyageurs n’étaient pas au courant et ont tous payé.

Nous devons traverser la frontière à pied, l’endroit n’est pas accueillant, sale, nous sommes harcelés, pour changer de l’argent, pour acheter des bracelets, des trucs à manger…nous avons hâte que le second shuttle arrive. En attendant, il faut passer la frontière d’entrée au Guatemala.

C’est le chaos, beaucoup de monde, pas de file indienne, chacun passe comme il peut. C’est un jeune boutonneux à casquette qui prend nos passeports, il les pose en haut de la pile devant son « chef ». L’entrée au Guatemala est, elle aussi, gratuite mais c’est lui qui décide qui paie et combien. Ceux qui font le trajet avec nous passent et paient tous 50 pesos (un peu plus de 2 euros), de quoi bien enrichir le douanier à la fin de la journée ! Certaines personnes d’autres groupes ne paient pas, ils remercient le chef qui gonfle sa poitrine. Vient notre tour, on nous demande 250 pesos par personne (40 euros à nous 3)! Nous refusons, il insiste, nous devons payer l’entrée. Nous expliquons qu’elle est gratuite alors il dit que nous devons payer la sortie ! Mais nous avons déjà passé la sortie du Mexique ! Damien sort demander de l’aide au chauffeur, qui est gêné et qui ne peut rien faire pour nous… Fanny commence à hausser le ton gentiment alors des guatémaltèques lui viennent en aide et demandent au douanier de la laisse partir. Le chef cède et nous rend les passeports. Ouf, nous entrons au Guatemala !

Après 11h de shuttle, nous apercevons enfin le lac Atitlan ! Quelle journée ! Louise nous aura épatés, pas une plainte durant tout le trajet, une vraie petite voyageuse !

Mérida, Campeche et Palenque

A notre arrivée à Mérida, la place principale est en fête et nous assistons de nouveau à un spectacle de danses traditionnelles. Plus chic que celui de Valladolid. Ici, il y a des gradins, un monde fou, un orchestre pour accompagner les danseurs et un maitre de cérémonie qui raconte tout un tas de choses que nous ne comprenons pas entre chaque danse.

Nous visitons la ville, il y a de jolis bâtiments, la place principale est bordée d’édifices remarquables mais la circulation est abominable et les rues sont extrêmement bruyantes. Chaque commerce met la musique à fond et se balader sur le trottoir en changeant de fond sonore tous les 3m, le tout au milieu des voitures, sous une chaleur accablante, ne nous plait pas vraiment… Alors quand nous n’en pouvons plus, nous nous réfugions à l’auberge de jeunesse dans laquelle nous logeons, c’est un havre de paix en pleine ville. Il y a différents jardins avec coin détente et hamacs, une cuisine commune et surtout une grande piscine bien fraiche. Nous y passons beaucoup de temps.

Nous allons au marché et dans les boutiques d’artisanat, nous faisons quelques bonnes affaires. Louise est contente avec sa nouvelle robe mexicaine.

En 5h de bus, nous arrivons à Campeche, merveilleuse ville coloniale, dotée de bâtiments pastels, de ruelles pavées et de remparts. La ville est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco et elle le mérite bien. Nous prenons plaisir à nous balader dans la vieille ville mais aussi sur l’ancien chemin de ronde en haut des fortifications. La vie est tranquille ici, nous sommes charmés.

La cité n’est pas endormie pour autant, il y a beaucoup d’animations dans les rues, notamment le week-end où des concerts et spectacles sont organisés sur la place principale. Nous assistons à un spectacle de sons et lumières qui nous plait beaucoup.

Les mexicains sont très croyants et, des églises, à Campêche, il y en a de toutes les couleurs. La messe du samedi soir est impressionnante. Les fidèles, tous vêtus de blanc, sont trop nombreux pour rentrer dans la cathédrale alors ça se passe à l’extérieur. Nous sommes émus de les voir tous se donner la main, chanter et s’embrasser.

Nous privilégions les cantines locales car pour 3 euros, nous avons une soupe, un plat et des galettes de maïs. C’est là que nous y faisons les meilleurs repas. Quand nos logements le permettent, nous faisons les courses et cuisinons.

Le réseau de bus est très efficace au Mexique et peu cher. Nous nous déplaçons facilement. Le seul problème, ce sont les écrans qui diffusent des films violents TOUT le trajet, avec le son à fond. Pas de pause sonore, c’est épuisant. Alors quand nous achetons nos billets, nous choisissons nos places de manière stratégique pour que Louise ne puisse voir aucun écran de son siège. Elle n’a plus que le bruit des balles, des coups de poings et des cris à supporter… A quand une comédie dans un bus mexicain ?

Et c’est reparti pour 6h de bus jusqu’à Palenque ! Nous sommes dans la région du Chiapas avec ses barrages et ses militaires armés jusqu’aux dents. Nous logeons dans un hôtel en pleine jungle, l’air est beaucoup plus humide et les oiseaux volent d’arbre en arbre en piaillant. Nous visitons l’ancienne cité maya de Palenque et nous apercevons un magnifique toucan dès notre entrée sur le site. Les temples sont majestueux et les cris des singes hurleurs nous impressionnent.

Nous quittons Palenque pour rejoindre San Cristobal de Las Casas, notre dernière étape mexicaine avant le Guatemala.